Introduction

Une infection est dite nosocomiale si elle apparaît au cours ou à la suite d’une hospitalisation (ou d'un soin ambulatoire) et si elle n’était ni présente, ni en incubation à l’admission à l’hôpital. Ce critère est applicable à toute infection. Cette définition inclut les infections des patients comme celles des soignants. Elle ne préjuge ni de l'origine endogène ou exogène du micro-organisme responsable, ni du caractère évitable de cette infection.

Lorsque la situation précise à l’admission n’est pas connue, un délai d’au moins 48 heures après l’admission (ou un délai supérieur à la période d’incubation lorsque celle-ci est connue) est communément accepté pour distinguer une infection d’acquisition nosocomiale d’une infection communautaire. Toutefois, il est recommandé d’apprécier, dans chaque cas douteux, la plausibilité du lien causal entre hospitalisation et infection.

Pour les infections de site opératoire, on considère comme nosocomiales les infections survenues dans les 30 jours suivant l’intervention ou, s’il y a mise en place d’une prothèse ou d’un implant, dans l’année qui suit l’intervention. Cette durée est également admise pour le suivi d'un accouchement.

La pratique des soins à domicile peut aussi engendrer des infections. Ces infections sont considérées comme liées aux soins lorsqu’elles ne sont pas relatives à un séjour hospitalier ou un autre organisme de soins et développées au moins 48 heures après l’admission à la structure de soins à domicile.

 

  1. Définition

  2. Mode de contamination

  3. Causes

  4. Agents pathogènes

  5. Diagnostic

  6. Traitement

  7. Prévention

  8. Facteurs de risques infectieux liés au malade

 

Définition

Une infection nosocomiale est une infection contractée dans un établissement de santé. La maladie est considérée nosocomiale si elle était absente au moment de l'admission dans l'établissement de santé. De plus, on considère qu'une infection qui survient au niveau de la partie opérée lors d'une intervention chirurgicale est nosocomiale si elle intervient dans les trente jours qui suivent cette opération.

Mode de contamination

Les germes sont présents partout de façon naturelle, notamment sur le patient et sur les soignants. On les retrouve également dans la nourriture, l'eau, l'air ambiant. Ils peuvent être présents, malgré toutes les précautions, sur le matériel de soins. En fait, ces germes sont partout et non seulement à l'hôpital. Mais, par définition, on trouve dans ces établissements beaucoup de personnes fragiles, qui savent donc moins bien se défendre contre ces agresseurs.

Causes

On distingue plusieurs types d’infections nosocomiales, avec des modes de transmission différents.

  • Transmission endogène : le patient s’infecte avec ses propres germes à la faveur d’un acte invasif ou d’un terrain particulier.
  • Transmission exogène : infection transmise par un autre patient, par le personnel hospitalier (par les mains ou au contact du matériel médical ou paramédical) ou liée à l’environnement (eau, air, alimentation…).

Certains patients sont plus fragiles et vont être plus facilement sujets aux infections nosocomiales :   les patients âgés et les nouveau-nés, les patients immuno-déprimés (qui ont des maladies ou des traitements affectant leur système de défense comme une chimiothérapie), les grands brûlés, les patients diabétiques, les patients sous traitement antibiotique (ce qui peut déséquilibrer la flore bactérienne habituellement présente et sélectionner des bactéries résistantes…).

Les gestes invasifs, comme la pose de perfusion, de sonde urinaire, la ventilation artificielle ou une intervention chirurgicale bien que nécessaire au traitement vont aussi être des facteurs favorisant les infections nosocomiales.

Les germes les plus fréquemment mis en cause sont des bactéries : l’Escherichia Coli (germe habituellement présent au niveau du tube digestif), le Staphylococcus Aureus (germe habituellement trouvé sur la peau et au niveau des narines) et le Pseudomonas aeruginosa.

La particularité de ces germes est qu’ils ont souvent acquis des résistances à des antibiotiques, comme les SARM (staphylococcus aureus résistant à la méthicilline) ou les EBLSE (entérobactéries productrices de Bêtalactamase à spectre étendu).

Les infections nosocomiales les plus fréquentes sont les infections urinaires, les pneumonies, les infections sur site opératoire et les bactériémies (présence de germe dans le sang).

Agents pathogènes

Les agents en cause sont variés : bactéries, champignons, virus, parasites, ATNC.

Parmi les bactéries, les bacilles à Gram négatif représentent environ 60% des germes rencontrés, les cocci à Gram positif 30%.

L’origine du germe peut être exogène (provenir d’un autre malade, du personnel, de l’environnement) ou endogène (provenir du malade lui-même). Plusieurs mécanismes différents peuvent donc conduire à une infection nosocomiale.

Si tout doit être mis en œuvre pour éviter la survenue des infections endogènes comme exogènes, c’est essentiellement sur ces dernières que porte l’effort de prévention en évitant la transmission des germes. La prévention des infections endogènes reste plus délicate.

Diagnostic

Les infections contractées le plus fréquemment par les patients sont pour la plupart des infections urinaires. Elles viennent ensuite les pneumonies, les septicémies, et les infections de plaies chirurgicales. La démarche diagnostique consistera donc à identifier l'origine et le type d'infection, par un examen clinique et biologique des symptômes avec les examens complémentaires appropriés en cas de besoin.

Traitement

Les infections nosocomiales nécessitent parfois une reconduite de l'opération

Le traitement des infections nosocomiales fait appel aux mêmes principes que les infections communautaires mais il est souvent plus difficile car les germes rencontrés dans les infections nosocomiales ont souvent acquis des résistances aux antibiotiques.

Dans certains cas, notamment dans les infections sur site opératoire, il est nécessaire de réopérer les patients, pour drainer un abcès post-opératoire, changer une prothèse orthopédique mise en place…

Prévention

Il est indispensable de surveiller de façon rapprochée les services les plus exposés, les situations à risque et d’évaluer l’efficacité des mesures entreprises.

Les mesures préventives consistent à :

  • Appliquer des mesures d’hygiène rigoureuses : hygiène des mains, utilisation des solutions hydro-alcooliques.
  • Fixer des protocoles de soins pour les différents gestes de soins médicaux et paramédicaux.
  • Utiliser du matériel médical stérile ou à usage unique.
  • Améliorer les méthodes de stérilisation et appliquer les bonnes pratiques de désinfection du matériel.
  • Détecter les situations à risque et d’épidémies.
  • Détection des patients porteurs de germes multi-résistants et mise en place des protocoles pour la prise en charge des situations de colonisation à des germes multi-résistants et des situations épidémiques. Isolement septique et géographique des patients porteurs de germe multi-résistants. C’est-à-dire isolements des patients porteurs de germes multi-résistants dans des chambres seules, port de sur-blouses lors des visites médicales ou de la famille.
  • Encadrement de la prescription d’antibiotiques et création des guides de bonnes pratiques.

Le Réseau d’alerte a été créé il y a une dizaine d’années, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (RAISIN) qui a pour but d’harmoniser au plan national les méthodes de surveillance des infections nosocomiales et coordonner les actions en matière d’alerte et de surveillance.

A l’échelon des centres hospitaliers, c’est la mission des CLIN (Comités de Lutte contre les Infections Nosocomiales) et des EOHH (Équipes Opérationnelles en Hygiène Hospitalière) composées de professionnels de la prévention, médicaux et non médicaux, chargés de mettre en œuvre les actions de prévention, de surveillance, de signalement, d’évaluation et de formation dans l’établissement.

Facteurs de risques infectieux liés au malade

La présence chez les malades de certaines caractéristiques augmente, quelque fois de façon très importante, leur risque d’acquérir une infection nosocomiale :

  1. Les pathologies chroniques
  • Diabète
  • Insuffisance rénale
  • Insuffisance hépatique
  • Incontinence (facteur majeur des infections urinaires)
  • Immunodépression (aplasie, leucopénie, leucémie, cancer, SIDA)
  1. Les certaines pathologies aiguës motivant l’hospitalisation
  • Polytraumatisme
  • Brûlures
  • Défaillance viscérale aiguë
  1. Un état nutritionnel perturbé

La dénutrition est un facteur favorisant important pour tous les sites d’infections et l’obésité favorise les abcès pariétaux post-opératoires.

  1. L’âge

Avant un an et après 65 ans, le risque infectieux est toujours majoré.

D'autres facteurs sont établis dans la pathogénie des différentes localisations d'infection nosocomiale ou dans des situations particulières (maternité par exemple).

Sources

  • Guide Technique d'Hygiène Hospitalière,  INFECTION NOSOCOMIALE : DEFINITION, FREQUENCE ET RISQUE, C.CLIN Sud-Est – Fiche n° 2.01, 2004, p 5.
  • Jeff, Journal des Femmes Santé (sante-medecine.journaldesfemmes.fr),  Infections nosocomiales - Causes, diagnostic et prévention.
  • Le Figaro Santé (sante.lefigaro.fr), Maladie infectieuse – Infection nosocomiale.